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Au nom du père

  • Par André Touboul
  • 25 sept. 2017
  • 2 min de lecture

La "PMA pour toutes" est critiquée non pour elle-même mais parce qu'elle serait la porte ouverte à la procréation pour tous, puis par voie de conséquence la gestation pour autrui, et la location des ventres qui en est la suite nécessaire.

Le débat entre ce risque et l'aspiration à l'égalité devant le désir d'enfant est respectable, mais il a l'inconvénient majeur d'occulter le fond du problème posé par les progrès de la science médicale qui néglige totalement le point de vue de l'enfant.

L'enfant à naître n'est pas un consommateur, il n'a donc pas dans notre société droit au chapitre. Ses droits sont inexistants. Tout juste, passé un certain stade de développement embryonnaire a-t-il vocation à naître.

Qui a dit que parmi les droits de l'enfant qui voit le jour figurent ceux d'avoir une mère et un père ?

Supprimer le père évitera d'avoir à le tuer, dira-t-on. Mais qui peut s'arroger le droit de priver un enfant de cette étape de sa construction individuelle ?

Certes, il existe des enfants rendus orphelins de par les vicissitudes de la vie. Le hasard ne fait pas toujours bien les choses. Ce n'est pas une raison pour en organiser les mauvais coups.

De nombreux orphelins de père ont survécu et même très bien réussi. Mais c'est "malgré" ce vide. Toute la littérature sur la recherche du père deviendra incompréhensible pour ceux que l'on a décidé de priver de géniteur.

Les psychiatres devront réinventer d'autres images mentales. Ce n'est pas un gros problème en soi. Mais quels schémas se substitueront au modèle père/mère ?

Savoir de qui l'on vient, quelle drôle d'idée. Les ancêtres ? Aucune importance.

Les antécédents héréditaires qui devraient interpeller les médecins ? Foutaises !

L'individu nouveau sera une page blanche. Son esprit sera plus malléable. Il sera libre, mais ne sera rien. Et de sa liberté, il ne saura rien faire.

Le patriarcat a fait son temps. La "PMA pour tous" sera la dernière étape de sa disparition. Finie la subordination des femmes. Ouf ! Cependant, il ne s'agit plus de cette égalité indispensable, mais d'une inversion de domination. L'homme réel dans ce nouveau Monde n'a plus de nécessité autre que celle de donneur de sperme. Un peu à la manière du puceron que les fourmis élèvent pour les traire. Une bouche presque inutile, dont il ne sort aucune vérité. À la rigueur un accessoire, objet de plaisir, mais pas plus et nullement obligatoire. Quelques hommes soigneusement contrôlés et sélectionnés suffiront. Les autres seront sans inconvénients stérilisés. Ces prévisions relèvent du délire ? Pas si sûr. Tout objet inutile est tôt ou tard appelé à disparaître.

En attendant que l'humanité implose dépassée par ses progrès biotechniques non maîtrisés et plus redoutables que ceux d'une explosion atomique car non redoutés, l'égalité des chances des enfants devant la vie nous commande de préserver le rôle du père.

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