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Extraits du dictionnaire franco-idiot

  • Photo du rédacteur: André Touboul
    André Touboul
  • 8 janv. 2018
  • 5 min de lecture


Les idiots ne parlent pas comme tout un chacun, car ils vivent dans un univers différent, c'est pourquoi il est nécessaire de traduire cette langue que l'on peut appeler l'idiotique.


L'Etat stratège : méthode usitée par les hauts fonctionnaires afin de prise de contrôle d'entreprises, en vue de futures présidences lucratives. On nomme ainsi le jeu de société où ces Messieurs perdent des quantités démentielles d’argent public, sans craindre jamais la moindre sanction.


Pas d'amalgame : interdiction de tirer les conséquences inévitables d'un communautarisme le plus souvent imposé à des gens qui n'en demandent pas tant.


Ne pas stigmatiser : façon de dire que l'habit ne fait pas le moine, mais que c’est bien imité.


Exclusion : manière polie de faire savoir à des économiquement faibles qu'ils feraient aussi bien d'aller se faire pendre en Angleterre où il y a des petits jobs mal payés qui chez nous s’appellent “travail clandestin“ sévèrement réprimés par la loi.


Jungle : endroit si mal famé que même les bourgeois de Calais refusent de s'y rendre.

Laïcité : invocation utilisée aussi bien par ceux qui veulent traiter toutes les pratiques religieuses comme de la pornographie, et ceux qui désirent garantir la liberté de culte, mais toujours à contre sens car ce n’est pas la croyance qui pose problème mais ses manifestations qui prônent la primauté de la religion sur l’Etat ou sur des principes essentiels comme l’égalité des femmes avec les hommes. Au nom de la laïcité, l’idiot met dans le même sac la Charia et les crèches de Noël.


Voile islamique : fichu fichu, mode vestimentaire qui mérite des réserves car elle ruine les coiffeurs pour dames.


Moi, Président : ellipse dans laquelle disparaît corps et biens la plus haute fonction de l'Etat


Politiquement correct : est politiquement correcte toute idée clairement idiote, mais qu’il est hors de question de contredire.


Délit de faciès : infraction grave aujourd'hui correctionnalisée en "contrôle au faciès". Dénoncer le “Délit de faciès“ laisse comprendre que, de fait, certains individus ont réellement une sale gueule.


C'était mieux avant : confidence du dernier néandertalien à l'homo sapiens.


Gauche : lieu où l'on peut acheter de la bonne conscience au prix fort avec l'argent des contribuables.


La Gauche de la Gauche se définit elle-même comme le parti de demain, et il faut reconnaître qu’elle fait tout pour le rester.


Débat démocratique : si, à Gauche on est d’accord sur rien, on évoque le débat démocratique, à Droite c’est le pugilat.


Fausse bonne idée : solution astucieuse qui a l'air de fonctionner, mais que l’on n’avait pas eue.


Descendre dans la rue : promenade souvent dominicale qui depuis la prise de la Bastille terrorise les bureaucrates qui nous gouvernent. Il se dit dans les cercles du pouvoir que quand le peuple va dans la rue ce n’est pas toujours pour descendre les poubelles.


Éviter les abus : obsession de la bureaucratie française qui n'actionne jamais l'accélérateur sans appuyer simultanément sur le frein.


Le pronostic vital est engagé : se dit de quelqu’un qui est déjà mort, mais dont la nécrologie n’est pas prête.


Attitude citoyenne : attitude méritoire par le fait qu'elle ne viendrait spontanément à l'esprit d'aucune personne sensée.


Optimisation fiscale : illusion des optimistes qui croient échapper à l’impôt qui tôt ou tard les rattrape.


Evasion fiscale : sport de riches dont sont injustement exclus ceux qui n’ont pas la chance de payer de l’impôt direct. Elle donne à entendre que la fiscalité est non un devoir justifié par son utilité sociale mais une prison, une punition infligée aux mauvais citoyens qui en conséquence tentent de s’évader.


L’Exil fiscal est une locution idiote car il se pratique immanquablement vers les “paradis fiscaux“, alors que depuis Adam et jusqu’à nos jours l’exil est situé hors du Paradis.


Cagnotte : Déficit un peu moins profond que l’an passé.


L’orchestre du Titanic : ensemble de joueurs de flutiau qui promettent d’équilibrer les comptes sociaux sans effort pour personne.


État providence : utopie invoquée par les bureaucrates pour excuser leur incapacité à venir à bout du chômage de masse et de la dette publique, sans reconnaître le lien de cause à effet réciproque entre ces deux fléaux.


Relance keynésienne : théorie selon laquelle le malade sera guéri par une overdose de tranquillisants. Le joueur de poker qui n’a plus ni jeu ni jetons pratique la relance keynésienne en empruntant à la Mafia.


Revenu universel : inversion du principe selon lequel la démographie est une richesse puisque désormais tous les individus deviennent un coût. Si l'individu est un coût, on songera tôt ou tard à en réduire le nombre.... une forme de suicide démographique qui aurait plu au Révérend Thomas Malthus.


Le dépérissement du temps de travail : cette baisse, présentée comme inéluctable car inscrite dans les tendances lourdes, dites séculaires, sera mondiale ou ne sera pas, car en prendre l'initiative suppose que l'on puisse convaincre les travailleurs du reste du monde de nous entretenir dans l'oisiveté.


Fonction publique : vache sacrée que seuls les fonctionnaires savent traire à leur profit.



Masse : consommation de masse, culture de masse, l’idiot parle de la masse, comme les sots d’antan parlaient du vulgaire, avec un mépris incommensurable. Ainsi, le sociologue idiot parle de l’abrutissement des masses, sans doute pour se persuader qu’il n’en fait pas partie, et que par conséquent il n’est pas un abruti, lui…


Fait de société : pratique absurde uniquement légitimée par sa généralisation. Mais aussi, et à l’opposé, fait divers exceptionnel censé trahir l’état de la société où il s’est produit.


Démocratie directe : potion magique à consommer avec modération, voire pas du tout. Ne pas oublier de n’en tenir aucun compte.


Démagogie : promesses électorales du camp d’en face, c’est une preuve de vie de la démocratie, elle en est aussi la pathologie la plus mortelle. Les idiots préfèrent parler de populisme.


Populisme : maladie contagieuse qui infecte ceux qui croient que penser hors des clous leur donne forcément raison.


Alternance : sans elle pas de démocratie ni de respect de l’opposition, mais l’idiot considère que l’idéal serait de l’écarter à jamais au profit d’une unanimité par laquelle commence tous les totalitarismes..


Europe : branche sur laquelle on est assis et que l’on croit pouvoir scier impunément.


Euro : On peut sortir de l'euro, c’est faisable, mais les poches vides.


Défaite électorale : l'idiot parle alors de victoire différée.


Néolibéral : hérétique et relaps.


Déchaînement médiatique : championnat de France de l’idiotie. Au lieu de s’employer à informer avec objectivité, les médiâtres s’emploient à surenchérir dans l’approximation moralisante. Ils y perdent la crédibilité qu’ils croyaient acquérir. Ils nourrissent le sentiment, exploité par certains démagogues, que les journalistes sont des manipulateurs. De là est née la possibilité de “faits alternatifs“ ; puisque la Presse ment, à chacun sa vérité.


Protectionnisme : les économies sont interpénétrées, l'idiot oublie cette évidence qui fait en particulier que les entreprises multinationales sont, le croiriez-vous… multinationales. La médaille d’or de l’idiotie est attribuée haut la main à ceux qui comptent sur le protectionnisme pour nous protéger du réchauffement climatique.



Conflit d’intérêt : fromage qui dessert.


Corruption : anticorps sécrété par la société pour lutter contre la bureaucratie.


Juge des libertés : un magistrat qui vous en prive.


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