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L’identité française selon Macron

  • Raoul Pestil
  • 8 janv. 2018
  • 2 min de lecture

Le seul patriotisme toléré chez les intellectuels français est économique, pour le reste ceux qui parlent de patrie sentent le souffre et pour une partie de la Gauche, c’est carrément une posture d’extrême Droite.


Le mal est profond et gravissime.


Dans un Monde ouvert, mais concurrentiel, il faut savoir d’abord qui on est, avant d’ouvrir portes et fenêtres. Se travestir en citoyens d’un Monde sans frontières qui n’existe pas, car chaque nation en réalité y défend ses intérêts, c’est monter au filet en culotte courte pour s’y faire tailler un short autant dire s’y retrouver tout nu.


Se réfugier à l’inverse dans le communautarisme ou le régionalisme, deux cousins bas de plafond, n’est pas une solution car l’identité ne peut sans dommage être limitée à une communauté ni rétrécie à une région. Les communautés sont source de conflits plus que d’union, cet ingrédient qui fait la force alors que comme le disait Mazarin l’oignon fait la soupe. Le fameux vivre ensemble est loin de garantir une convergence d’intérêts. Aux régionalistes, par ailleurs, il ne restera que le folklore sans moyens d’action ni d’existence.


Macron a un discours touffu et il le débite comme un acteur débutant, mais quand on prend la peine de le déchiffrer et par moments le traduire, on constate qu’il est en rupture radicale avec celui de ses prédécesseurs.


Sur le sujet qui nous occupe, il affirme que “notre culture est ce socle de notre imaginaire... dont nous avons besoin, un imaginaire d’avenir où chacune et chacun doit pouvoir se retrouver”.

On passera sur le clin d’œil formel aux inclusivistes (chacune et chacun) pour retenir les mots forts.


Le socle est indispensable, mais le reste est à bâtir. Il y a donc une culture française, on commençait à en douter. Elle n’est pas figée, mais pas au point d’être démolie, sauf à faire crouler l’édifice dont la stabilité dépend de la solidité de son socle.


Le terme “retrouver” est ambigu. Il peut aussi désigner une auberge espagnole, c’est à dire un lieu vide où chacun apporte son viatique. Mais ce terme appliqué à un lieu unique, il parle d’un imaginaire, signifie aussi que l’on s’y retrouve réunis.


Chaque discours de Macron mérite une explication de texte. Il veut tout dire, trop à la fois. Les mots et idées se télescopent, semblent se contredire...


Il faut néanmoins retenir que ce langage désavoue ceux qui nient l’existence d’une culture française ou la reconnaissant la disent dépassée au profit d’un patchwork multiculturel, ceux aussi qui se moquent du sentiment d’insécurité culturelle.


La tonalité du propos est aussi influencée par ce qui précède sur l’Europe qui porte “ces valeurs qui nous ont faits et qui sont notre histoire commune”. Macron n’énonce pas ces valeurs, on peut le regretter. Il ne parle pas non plus des racines chrétiennes de l’Europe, mais c’est bien imité.

Le discours compliqué de Macron ne cache pas comme on l’a dit, une pensée complexe, il est la forme sinueuse imposée par un terrain miné, où chaque pas comporte un risque.





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