Macron peut-il réussir, et quoi ?
- André Touboul
- 7 avr. 2018
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Macron a le charisme d’une feuille d’impôt, quand il parait cela ne fait pas plaisir, mais on voit bien qu’il faut y passer.
On chercherait vainement des macronistes, idolâtres du Président s’en allant psalmodiant ses moindres paroles. Il faut à son discours des exégèses formés à l’école de l’oracle de Delphes.
Sans en percevoir clairement la cohérence, chacun doit néanmoins lui reconnaître la pertinence d’une attitude réformatrice qu’il présente avec emphase comme refondatrice. De fait, les mesures qu’il impose sont minuscules. Mais refonder, c’est seulement une modification des bases de l’édifice et ne change pas forcément grand chose dans l’immédiat. Les effets des nouveaux paradigmes macroniens seront beaucoup plus perceptibles à terme. Ce qui importe dans une politique, c’est la logique qui la sous-tend. Macron rejette la raison dialectique du conflit et lui substitue une pensée cohésive qui mise sur la convergence des intérêts.
L’avenir dira s’il parvient à recoudre une société française que l’on dit fracturée, coupée en deux, et divisée entre riches et défavorisés au point de ne pouvoir s’exprimer que dans la rue.
Pour réussir, Macron peut compter sur l’indigence de son opposition. Mélanchon fait le trottoir mais son racolage actif est tour à tour rejeté par les manifestants antiracistes et grévistes du rail. L’insoumis sauf à l’islamisme victimaire cultive des relations sadomaso avec la Presse, que l’on peut certes critiquer, mais pas insulter impunément en qualifiant son travail " de merde".
Marine Le Pen se demande toujours comment elle s’appelle. Le radeau de la Méduse socialiste est trop occupé à s’entre dévorer pour prendre conscience que Macron n’était pas leur sauveur mais leur fossoyeur.
Quant aux Les Républicains, ils bafouillent sans que l’on distingue s’ils sont contents ou pas.
Il y aurait cependant des choses à dire à la vue du choc des images. D'un côté, les usagers des trains contraints de traverser les voies au mépris de leur sécurité pour aller travailler. De l’autre le Président en costume de tennisman chic du Touquet-Paris-Plage.
Macron manque d’empathie, c’est un fait. Mais le chirurgien qui extirpe une tumeur maligne ne peut en avoir. La France est sur la table d’opération, et il faut reconnaître que ce n’est pas du billard.