En quoi Atomic Kid nous concerne-t-il ?
- André Touboul
- 11 juin 2018
- 2 min de lecture


La Presse bave des ronds de chapeau devant l’habileté du tyranneau Nord-Coréen, mais pas pour de bonnes raisons. Il a la bombe, ce qui dit-on le qualifie pour parler avec les grands. Mais pour dire quoi ? Qu’il veut continuer à régner ? Mais nul ne songe à mettre fin à la dynastie des Kim, ni aux tourments du peuple qu’elle maintien dans un état de pauvreté scandaleux.
La possession de l’arme atomique est présentée comme une garantie, mais si c’en est une, elle conjure une menace qui n’existe pas. En outre, c’est oublier que l’arme nucléaire est certes redoutable, mais c’est aussi une aptitude à se voir infliger une frappe de cette arme terrifiante. Pour bombarder l’Irak de Saddam Hussein, il a fallu invoquer ses prétendues armes de destruction massive.
Il est impensable qu’une puissance nucléaire agresse un autre pays démuni de cette arme, tandis qu’en cas de conflit entre deux détenteurs de la bombe, il est impératif de dégainer le premier.
En fait, le génie de Kim est d'avoir brisé le splendide isolement de son pays, qui arrangeait fort son tuteur chinois. Il l’a fait de telle manière que tout le monde, la Chine y compris, en a été soulagé alors qu'en une perspective à long terme Pékin n’a aucune raison de se réjouir du rapprochement des deux Corée, dont le comble serait que cela aboutisse à terme à une réunification.
Au delà de ses allures de congrès de promotion de la coiffure moderne, la rencontre avec Trump est un coup de maître pour Kim et même pour son allié chinois. En effet, il ne peut en résulter qu’un désengagement américain de la péninsule coréenne, et, éventuellement, du Japon, en échange de vagues promesses de dénucléarisation, totalement invérifiables. Une aubaine pour Pékin, mais avec pour perspective un réarmement nippon, inéluctable. Encore une fois les gains immédiats sont souvent porteurs de désillusions.
La politique Trump est la même qu’en Europe où son repli va permettre à l’Allemagne de se réarmer.
D’ailleurs, c’est dit, Mme Merkel a énoncé que l’Allemagne devait (avec d’autres dont la France, bien sûr) sinon sortir de l’OTAN, mais assurer elle-même sa défense en dehors d’elle. Bravo, au passage à nos amis anglais pour le Brexit. Sans combattre, ils ont fait cadeau de l’Europe continentale aux Germains. Pire que Dunkerque et à quel coût ! Donald Trump a fait le reste. En réclamant de l’argent pour sa protection, il s’est attiré la réponse inévitable : dans ce cas on va se défendre nous-mêmes.
Il faut avoir la mémoire courte pour ignorer que l’Allemagne est dangereuse quand elle est armée. C’est d’ailleurs pourquoi elle avait été coupée en deux après la défaite du Troisième Reich. Mais surtout, il est d’une incroyable imprudence de négliger le fait que l’Allemagne est capable de s’armer, très vite et très bien. Certes elle n’a pas accès à l’arme atomique, mais les autres armes conventionnelles ou chimiques sont à sa portée.
Il ne faut voir aucun préjugé anti-Allemand dans ces réflexions. Il s’agit simplement de ne pas oublier trop vite les leçons de l’histoire.